Inspection du Travail
Compétence vis à vis de La Poste
Le ministère du travail, par
une note
du 6 septembre 2001, fait le point sur le statut et les spécificités
sociales de La Poste et définit la compétence de l'inspection
du travail qui en découle.
L'inspection du travail peut donc intervenir pour :
-
les contrats de travail
- le droit disciplinaire
- le travail temporaire
- le règlement intérieur
- les salaires
- les négociations collectives
- la durée du travail
- les congés payés
- les licenciements économiques ( en application des articles
66 et 67 de la Convention Commune: suppression d'emplois et réduction
de personnel)
- le travail dissimulé
- la formation professionnelle.
Concernant
l'hygiène, la sécurité et les conditions de travail,
le ministère diffère la possibilité d'intervention
de l'inspection du travail dans l'attente d'un nouveau décret
à paraître.

La
direction des ressources humaines a émis 3 notes successives
sur la compétence et la représentation du personnel.
1) la note
du 11 septembre 2001;
Plusieurs
directions départementales du travail ont demandé aux
directions de La Poste d'organiser des élections de délégués
du personnel. Le DRH national considère que les contractuels
ont bien des instances de représentation (CTP et CCP) même
si les dispositions appliquées à La Poste sont différentes
de celles prévues par le droit du travail.
Le DRH cite une note du ministère du 1 mars 2000 qui ne reconnaît
pas aux élus CCP de La Poste la même protection que les
élus du personnel au motif que leur mandat n'a pas la même
nature.
Sur la compétence de l'inspection du travail.
Le DRH cite une réponse ministérielle de mars 1993, à
l'époque où les contractuels étaient peu nombreux,
pour justifier l'incompétence de l'inspection du travail. Par
ailleurs, il considère La Poste comme un établissement
d'état afin de s'opposer à des éventuels procès
verbaux dressés par l'inspection du travail.
Cette note avait comme seul but de s'opposer à toute intervention
de l'inspection du travail quitte à utiliser des arguments fallacieux.
2) la note du 20
septembre 2001;
Le DRH fait état de la note du ministère de l'emploi mais
refuse, dans l'immédiat, de laisser les inspecteurs intervenir.
Le DRH fait état de discussions avec la tutelle et le ministère
pour justifier cette décision, prétextant la nécessité
d'une décision nationale.
3)
Ia note du 13 novembre
2001;
Le DRH fait toujours état de discussions en cours avec le ministère
et la tutelle. Le DRH ne tente plus de justifier l'incompétence
de l'inspection du travail mais veut retarder leurs interventions.
Afin d'éviter des sanctions prises par des inspecteurs en cas
d'obstacle à l'exécution de leur intervention, tout en
évitant au maximum de leur répondre et de les recevoir,
il conseille plusieurs manoeuvres qui consistent à rester poli
tout en essayant de ne pas répondre aux sollicitations des inspecteurs.
-
Au niveau des établissement : recevoir l'inspecteur tout en l'empêchant
d'entrer dans les locaux et renvoyer la compétence au niveau
départemental.
- Au niveau départemental: en cas d'insistance de l'inspecteur,
le département, s'il l'estime opportun, doit fournir les documents
et renseignements demandés.
La note du ministère ne laisse aucun doute sur la compétence
de l'inspection du travail pour les agents de droit privé de
La Poste. La dernière note du DRH ne le nie d'ailleurs pas, la
teneur des 3 notes est révélatrice du recul de La Poste
sur ce point.
En revanche elle veut continuer à faire obstacle à l'intervention
de l'inspection du travail.
Les syndicats peuvent donc demander aux Directions Départementales
du Travail et de l'Emploi d'intervenir dans les services sur les points
détaillés par le ministère : contrats, durée
du travail, travail temporaire, discipline etc.

Avant
de demander l'intervention de l'inspection, il faut être sûr
que la compétence de l'inspecteur s'applique au cas précis.
Il s'agit de ne pas le faire déplacer et intervenir sans motif
sérieux. Les inspections du travail sont souvent surchargées
et n'interviennent donc que sur des dossiers importants. Si besoin,
l'on peut leur doner les notes ci-jointes pour étayer votre demande
d'intervention.
En matière de contrat de travail, l'inspecteur n'est pas "Juge"
mais il peut " dire" le droit. Certains litiges relèvent
donc des prud'hommes et pas de l'inspection du travail.
Les inspecteurs sont par contre compétents pour contrôler
les contrats d'apprentissage, les contrats à durée déterminé,
les contrats d'intérimaires, les contrats à temps partiel.
En
matière de durée du travail, l'inspecteur peut contrôler
l'utilisation d'heures supplémentaires et le respect de la durée
maximale de travail.
En matière de discipline, l'inspecteur vérifie l'application
du droit, de la convention, du règlement intérieur et
du respect de l'amnistie des sanctions.
L'inspecteur peut demander à consulter certains documents tels
que le registre du personnel, le livre de paie, les fiches médicales
d'aptitude des salariés, le décompte des heures de travail
de chaque salarié si les agents ne travaillent pas tous sur le
même horaire collectif, la liste des sous-traitants.
En cas d'inaptitude du salarié, l'inspection du travail peut
intervenir en cas de désaccord entre l'employeur et le médecin
du travail sur l'état de santé du salarié et la
nature des postes de travail qu'il peut occuper.
En cas de licenciement économique, l'inspection doit en être
informée. Elle peut vérifier le bien fondé des
licenciements et le respect des procédures réglementaires
( consultation des représentants, plan social ).

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